AE n°5 : la route rouge de Rimbaud

Je ne présente plus mon fameux atelier d’écriture. Cette fois-ci, le souvenir par le prisme de la perception sensorielle : l’enfance dans tous les sens. 

Les valérianes au mur d’or : éclats blanc/roses, un après-midi d’été. La salissure réconfortante de l’évier, du frigo, le beurre rance. La main sans gants qui arrache les orties. Les yeux noirs au fond des rides et le crin poivre et sel. Le silence et la nappe collante : un colosse fatigué portant casquette sur une mauvaise chaise, un journal ouvert devant lui. Tiédeur où somnole un tracteur, la rouille et la poussière. Masses indistinctes dans le noir, claies, étagères, vieux cageots, des outils pendus aux clous, ça sent la vieille pomme et l’échalote, le café recuit, vingt fois sur le fourneau. Un rai de lumière par la lucarne trouble et voilà la vieille cantine, les livres humides, les pages de cendre.

Très peu de souvenirs d’eux et de leurs maison (j’entends photos, films, ect…). Pourtant cette vieille baraque est toujours dans un coin de ma tête, et eux aussi.

Jeanne et Jean, mes grands-parents. 

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