Jeanne.

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Jeanne est née. Elle pesait 3,6 kg pour 48 cm. Elle m’a semblé minuscule, bien que fort lourde quand on l’a posé dans mes bras. Sa peau était très blanche. Ses mains m’ont frappée : petites aux doigts et aux ongles curieusement longs, des mains de petite sorcière. Les heures, les jours qui ont suivi furent délicieux. 

Jeanne était très calme,  sommeillait pendant des heures et têtait avec application. La nuit, elle couinait gentiment pour me signaler sa faim ou son envie de câlins (contrairement à son aîné qui hurla à plein poumon la nuit de la montée de lait). On dormait blotties l’une contre l’autre, heureuses. A l’aube, je l’abandonnais quelques minutes pour aller chercher mon petit déjeuner avant la razzia générale. Elle m’attendais silencieuse, les yeux grands ouverts.
J’ai assez peu croisé les autres mamans d’ailleurs. Les rares fois où ça s’est produit, nous me faisions l’effet d’une bande de zombies blanchâtres aux yeux cernés. 

La fenêtre de ma chambre donnait sur une sorte de champ de luzerne et de grands arbres. Au loin on voyait la cathédrale et une sorte de viaduc. De mon lit, je regardais passer les oiseaux et les randonneurs. 

J’ai beaucoup lu aussi. L’Archi m’avait offert deux livres : Le Grand marin et En attendant Bojangles. J’ai dévoré et adoré les deux. J’avais aussi prévu quelques magazines et un peu de crochet. A aucun moment je ne me suis ennuyée.

Un moment, j’ai eu l’impression d’être à l’hôtel, quelque part en vacances. Loin des problèmes, loin de tout, avec juste ma valise et mon petit bébé. J’avais très peu de visites, ce qui renforçait encore cette impression d’isolement, hors du monde. Je culpabilisais un peu mais que c’était bon.

C’est avec beaucoup de nostalgie que je repense à cette période. J’avais aussi beaucoup apprécié mon séjour à la maternité pour Joseph mais cette période de ma vie était calme et sereine, ce qui rend avec la distance le souvenir un petit peu plus fade… 

La violence et le stress des jours qui ont suivi la naissance de Jeanne ont encore renforcé le regret de ce trop court séjour, des milles petites choses que nous avons vécues toutes les deux et de l’infini tendresse de cette chambre d’hôpital. Preuve s’il en fallait une que le paradis se niche un peu partout. 

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4 réflexions au sujet de « Jeanne. »

    1. Fileuse Auteur de l’article

      Merci pour ton commentaire. Et désolée pour l’erreur de manipulation, je viens enfin de publier la bonne version (depuis un smartphone faute de connexion internet, d’où l’absence de mise en page ).

      Répondre

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