21.06.16

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Nuit agitée. La pleine lune ? Joseph n’a pas cessé de gémir, l’Archi de se retourner et la petite d’avoir le hoquet. A cela se sont ajoutées les pensées tourbillonnantes de la multigeste anxieuse typique, les vaches en gésines de la ferme d’à côté (courage les filles, de tout cœur avec vous) et je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Je me suis levée aux aurores après avoir distribué biberon et grattouilles sur le crâne. Curieux comme après une nuit d’insomnie, je me sens bien, dispose, sereine. J’aime bien ces moments-là. La solitude, ce luxe ultime, le silence.

Le temps était affreux ces derniers jours (je pense que je n’apprends rien à personne) : pluie, vent, grisaille à qui mieux mieux. Navrant, déprimant. J’ai passé l’essentiel de mon temps à râler sur le canapé, à lire plusieurs fois de suite Le Doudou méchant à Joseph, à crocheter quelques mailles, à lire quelques pages dans une espèce de torpeur de fin de grossesse démultipliée par la météo ambiante. Allez mûrir des projets d’ampleur enveloppé dans un plaid et un bol d’Earl Grey dans les mains… Non, autant faire une sieste ou préparer une brioche, la conquête du monde attendra bien le beau temps.

A bientôt 36 semaines de grossesse, j’ai un ventre conséquent mais l’excellente surprise de n’avoir pris que 10kg. La dernière fois, j’en avais pris trente. Étonnant, je suis plus ou moins dans le même état de fatigue et de délabrement physique : j’ai peine à marcher, la station debout m’est pénible et mon ventre menace d’exploser au moindre effort minime. Je viens de relire Un Heureux événement d’Eliette Abécassis. C’est drôle, j’ai lu ce livre avant d’avoir Joseph, j’avais détesté, je n’avais pas compris. Tout me semblait étrange, désincarné, froid. Et puis, je suis tombée enceinte, j’ai accouché, j’ai allaité. Et là, j’ai vécu plus ou moins ce qu’elle décrivait, la lente reconquête du corps, du couple, de la vie. Depuis, je tiens ce livre pour le plus juste jamais écris sur la maternité. Actuellement, je suis dans la phase « je ne suis qu’un corps endoloris » et j’ai beau savoir que ce n’est qu’une étape, que tout passe, je sais aussi que le plus dur sera ce fameux quatrième trimestre de grossesse, celui dont on ne parle jamais. Donc, je me prépare, physiquement et psychologiquement. Clairement, il ne faudra pas compter sur moi pour repeupler la Creuse.

Que faire de ces demi-heures de délice où rien d’autre n’existe encore que le claquement des touches, la musique qui s’échappe du casque et le chant des oiseaux ? Finir cet article, insérer une photo, un peu de lèche-vitrine virtuel et crapuleux peut être. Chercher des idées de coiffure pour planquer mes repousses. Du futile, ça change un peu.

 

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2 réflexions au sujet de « 21.06.16 »

  1. Eliness

    Je suis toujours tellement happée par ton partage d’instantanés, petits moments où tu laisses aller ce qu’il se passe dans ta tête. J’ai l’impression d’avoir un aperçu direct dans une fenêtre de ta vie, et un tel partage me touche beaucoup.

    Répondre
    1. Fileuse Auteur de l’article

      Je suis heureuse de partager ça, ce blog aura été une respiration pendant ces moments pas toujours simples. Et merci pour tes retours réguliers, justes et bienveillants !

      Répondre

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