Lectures d’automne.

En ce moment, je lis des quantités industrielles de romans divers (parce que dans trois semaines max, fini de rigoler). J’aurai bien aimé rédiger une critique digne de ce nom pour chaque ouvrage apprécié mais je subis une perte exponentielle de neurones qui m’empêche de me concentrer plus de dix minutes, aussi je serai brève.

Pétronille, Amélie Nothomb

D’Amélie Nothomb, je n’ai sincèrement apprécié que Le Robert des noms propres. Pétronille est totalement dans le même esprit : convocation autofictionnelle de l’auteur, personnage en marge, situations burlesques parfois poétiques, intrigue originale, quête d’absolu. Ici, c’est l’ivresse et le champagne qui prime et surtout une singulière relation amicale entre deux écrivains que tout oppose : l’une, prolétaire, rock’n roll et agressive, l’autre, reflet de l’auteur, sensible, fantaisiste et bien née. Au final, un bon moment de lecture, rapide (45 minutes montre en main) sympathique mais oubliable : une friandise.

Le Royaume, Emmanuel Carrère

On m’a offert ce livre à l’occasion de mon anniversaire, très bonne initiative d’ailleurs car je tournais depuis plusieurs jours autour de ce gros pavé sans me résoudre à investir. Après une description de son parcours fulgurant de chrétien enthousiaste, Emmanuel Carrère tente de raconter l’édification de l’Eglise à travers les parcours de Saint Paul et de Saint Luc. Rien que ça. Première chose, l’ouvrage est sérieux, étayé et humble. On perçoit une recherche rigoureuse et plus encore, une véritable réflexion sur la fois. Or c’est un roman, aussi les notes de bas de page et l’indispensable bibliographie brillent par leur absence, ce qui me frustre un peu. Ceci dit, j’ai apprécié la très belle écriture, le souffle picaresque de l’ensemble et la lucidité sans faille de l’auteur sur lui-même. C’est à mon sens une très belle réussite que ce livre, érudit, drôle et trépidant.

L’amour et les forêts, Eric Reinhart

D’habitude, je snobe sans vergogne les candidats aux prix littéraires car, la plupart du temps, leur prose m’ennuie et plus encore m’irrite le côté « lecture incontournable de l’automne ». Ce roman-ci ne faisait pas exception, et le côté très parisien du narrateur/auteur/personnage central a semblé confirmer un sentiment assez mitigé au départ. Et pourtant… Je me suis retrouvée happée par cette histoire très belle et très sombre où l’éclaircie soudaine au sein d’une existence sinistre se paye chèrement, où le plus lumineux espoir côtoie l’anéantissement. Aux prises avec un mari manipulateur et contrôlant, Bénédicte Ombredanne trouve dans une unique et solaire rencontre extraconjugale l’amour, la considération et la liberté dont elle est privée dans le cercle familial. Les conséquences de cette bouffée d’air pur seront terribles. Je tourne les dernières pages à regret, émue aux larmes. Je n’oublierai jamais Bénédicte Ombredanne.

Fantaisie-Sarabande, Héléna Marienské

Du même auteur, j’avais adoré Rhésus, épopée trépidante racontant le passage d’un bonobo lubrique dans une maison de retraite. On retrouve l’humour unique de l’auteur et son usage franchement décomplexé d’une forme très burlesque de pornographie littéraire. On suit au plus près les parcours d’Angèle, veuve joyeuse ayant un usage très personnel de son composteur de jardin et d’Annabelle, beauté lorraine ambitieuse et cérébrale issue d’une famille de cas sociaux. Oscillant entre fable, enquête policière et conte érotique, cet ouvrage vaut le détour à mon sens pour la très haute qualité de l’écriture et la maîtrise sans faille des genres littéraires que l’auteur s’amuse à subvertir, deux aspects du texte qui m’avaient réellement emballés dans Rhésus.

Et vous, des découvertes littéraires récentes ?

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